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  [7 juillet 2112] Un pied devant l'autre

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Jeremiah Harnolds
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Date d'inscription : 17/03/2008

MessageSujet: [7 juillet 2112] Un pied devant l'autre   Mar 15 Mai - 16:12


    La tête rentrée dans ses bras croisés sur ses genoux, le français semblait bien mal en point. Sans le connaître et si le soleil n'indiquait pas clairement que nous étions en pleine journée, on aurait facilement pu prendre Grégoire pour un de ces ratés sortant tout droit d'un endroit branché où il n'avait que pour seule relation une bouteille d'alcool décapant. A même le sol, il s'était retrouvé sur les marches du 27 Grove Street à son grand désespoir.

    Il ne trompait personne, même plus lui. Décidé et conscient de la raison qui l'avait amené à venir ici, il allait clore une bonne fois pour toutes le chapitre qu'il n'arrivait plus à écrire. Il tenta de se relever mais l'alcool qu'il avait bel et bien bu la veille allié à son état de détresse latente, ne le fit que se rasseoir lourdement, aussi vite qu'il s'était redressé. Il leva les yeux au ciel comme pour chercher de la lumière. Il releva la capuche de son sweat délavé sur sa tête et poussa fort sur ses bras afin de créer l'impulsion que ses jambes refusait de lui donner.

    Le moment était venu.
    Dans son malheur, Grégoire se sentait malheureusement bien seul. À croire que la vision d'un homme se roulant par terre d'alcool sous le soleil n'émouvait plus grand monde... Ses plus fervents supporters étaient des chaussures et des pantalons, ou des collants. Muets et indifférents.

    "C'est là, normalement de l'autre coté de la rue... Seigneur... Encore un ivrogne. T'es bien sûr qu'ils sont là ?", quelqu'un parlait vite et fort, à quelques mètres de Grégoire.

    "Ben évidemment, mon petit doigt me dit que... Merde...", ajouta une voix pas inconnue, précédent des bruits de pas précipités.

    "Il en dit des vilains mots, ton petit doigt.", commenta la voix qui parlait vite.

    Une main se posa sur l'épaule de Grégoire, pour attirer son attention...

    Une main contrôlée par une personne familière, à l'air plutôt concerné.

    "Hé... Grégoire... C'est moi, c'est Tim.", se présenta-t-il en lui pressant l'épaule comme pour le rassurer.
    "Ah parce que tu le connais en plus. Bravo ! Monsieur le directeur connaît du beau linge."

    Tim aida Grégoire à se relever et à se tenir droit avec une force certaine, mais aussi beaucoup de douceur. Curieusement, il tenait chaud... C'était confortable et agréable.

    "Dans quel état tu te mets toujours...", soupira-t-il sans méchanceté, snobant par le fait même son compagnon, qui regarda Grégoire un instant de travers, puis lui retira sa capuche.

    "Ah mais je le connais aussi ! Grégoire... Le Japon ! Moi c'est Sergio. Enfin bon... Là, forcément, je pense pas qu'il soit en état de me reconnaître ou de m'inviter boire un verre.", s'exclama-t-il en recevant un regard noir de Tim à l'allusion alcoolique.
    Grégoire avait encore rater son décollage. Il était assez incroyable de voir à quel point le désespoir pouvait vider un corps de son énergie et de sa capacité de se mouvoir. En tous cas, chez Grégoire, l'effet était bien réel.

    Lorsqu'une main vint se poser sur son épaule, Grégoire sursauta légèrement, bien surpris qu'un badaud s'arrête et prête un quelconque intérêt à son cas. Il leva la tête et reconnu immédiatement le visage de Tim, son bienfaiteur, mais aussi celui qui l'avait enrôlé dans cette bataille qui avait aujourd'hui changé sa vie. Il laissa son regard plongé dans celui du français, qui put s'apercevoir que malgré son aspect général, Grégoire avait bien toute sa tête, seulement rongée par un désespoir sans nom.

    L'aide du français pour se relever était la bienvenue et une fois redevenu bipède, l'aérokinésiste rassembla son anglais le plus correct afin de remercier son ami.

    « On peut dire que tu tombes toujours bien, toi » bredouilla t-il en se rapprochant de cette source de chaleur réconfortante. Il prit Tim dans les bras et resta comme ça l'espace d'une seconde avant de s'apercevoir que Tim n'était pas seul et qu'il était accompagné d'un jeune qu'il connaissait et qui semblait se demander s'il était en état de le reconnaître. Il tenta de se ressaisir et de rassembler le peu de dignité qu'il lui restait. En tant normal, le français aurait sauté sur son allusion pour offrir à Sergio une bière bien fraîche sur son balcon, mais aujourd'hui n'était pas un jour normal.

    « Sergio, bien sûr. Sergio, excuse-moi. Je... Je suis pas très présentable », dit-il en tirant sur ses vêtements comme pour essayer de les rendre présentables. « Je vais bien, je vais bien. Je suis juste... Je vais bien », se rassembla t-il en s'appuyant sur le mur, l'air toujours aussi lâs et délavé.

    « Mais qu'est-ce que vous faites là ? Dans ce quartier résidentiel, c'est... Vous cherchez quelqu'un ? » dit-il en se passant la manche sous le nez pour se moucher, avec classe et élégance.
    Tim accueillit le retour de Grégoire parmi les vivants et les espèces communicantes avec un soulagement visible. Il accueillit de la même manière l'étreinte de son ami, parce que si au minimum les amis ne servent pas à cela, alors quel est l'intérêt d'en avoir ?

    Sergio regardait les choses de loin. S'il était amical, il avait sans doute une façon beaucoup plus pudique de le démontrer, se contentant d'afficher un air blasé, avant de s'approcher et regarder Grégoire avec méfiance.

    "Bon... Au moins, t'es pas rond comme une queue de pelle, mais je ne sais pas si ça doit me rassurer ou m'inquiéter.", se contenta-t-il de déclarer, en une étrange néanmoins réelle marque d'inquiétude.

    "Ce qu'on fait là ? Mais pardi... On cherchait quelqu'un. D'ailleurs, on a trouvé quelqu'un. On te cherchait bien sûr ! Et comme tu n'étais pas chez toi...", la déduction était facile, mais il était aussi facile pour Tim et Sergio de déduire qu'ils n'avaient sans doute pas choisi ni le meilleur endroit ni le meilleur moment pour renouer contact. Et ça se voyait sur leur visage qu'ils avaient compris qu'un truc ne tournait pas rond au plan sentimental.
    Si Grégoire ne se sentait si dépité, il se serait sans aucun doute senti très mal de la situation qui se déroulait autour de lui. Le retrait de Sergio semblait en dire long sur l'incompréhension qui devait être la sienne à la vision de l'état du français. Malheureusement, Grégoire n'était pas d'une humeur bavarde et ne comptait pas leur raconter ses malheurs.

    « Ah ? Vous me cherchiez ? Il se passe quelque chose ? »

    Sans en avoir conscience, bien des gens semblaient avoir cherché Grégoire à son appartement, alors que lui-même tournait autour de celui d'un autre. Belle ironie du sort il semblerait. Grégoire ne savait pas ce que les deux ganymédiens lui voulaient mais ils s'inquiétait de ne pas être dans les meilleurs conditions pour leur témoigner sa sympathie. Il devait être d'une compagnie épouvantable et ne pouvait pas faire plus d'efforts pour essayer de prendre sur lui. Il se contenta d'esquisser un léger sourire qui semblait bien contredire le regard du jeune homme.

    « Tout va bien pour vous ? »
    "Oui, figure toi que nous avons appris qu'il y avait un complot visant à assassiner le président des États-Unis par lapidation à coups d'abricots confits, et nous avons pensé que tu étais la seule personne à pouvoir sauver la situation.", répliqua Sergio, faisant la preuve de son caractère sarcastique.

    Tim s'empressa d'ajouter, se replaçant très près de Grégoire en un geste protecteur.

    "Mais non ! Ne l'écoute pas. En fait, on devait venir en Amérique, alors on voulait en profiter pour rendre une visite surprise, c'est tout."

    Sergio bougonna quelque chose d'incompréhensible, en signe de vague protestation.
    "Ben, t'es là toi ?"

    Le ton était désappointé. Jeremiah avait traversé la rue en apercevant les trois hommes, et surtout, en reconnaissant celui qui semblait le moins tenir sur ses pieds. Trouver le courage pour sortir et surtout, affronter le soleil de juillet avait été difficile, mais à présent qu'il était dehors, l'animation semblait valoir le coup, bien qu'un peu surprenante. Comme d'habitude, le jeune homme avait enfilé à la hâte jean et tee-shirt, quoique ce dernier sembla un peu grand pour lui. Encore un petit emprunt à son colocataire, faire sa lessive demandait tellement d'efforts... surtout quand on avait une mine à porter de main, et celle-ci un gardien pas bien farouche. Avant de claquer la porte derrière lui, il avait jeté son sac sur l'épaule mais cette belle impulsion avait été brisée nette par la scène tombée sous ses yeux lorsqu'il s'était retourné. What the fuck ? Et où était Michael si Grégoire était ici, à tituber presque sous leurs fenêtres ? Il n'était pas censé aller le retrouver ?

    Jetant un regard effronté aux trois mutants, le geek enfonça les mains dans ses poches. Deux des têtes lui étaient inconnues et il se rappela tardivement de les saluer d'un signe de tête.

    "A quoi vous carburez à cette heure-ci ? Michael est pas avec vous ?"
    Grégoire ne régit presque pas au sarcasme de Sergio. Haussant un sourcil, il se demandait pourquoi le jeune homme semblait prendre du plaisir à sourire de son ingénuité. Il ne devait pas se souvenir que le français lui avait sauvé les miches au Japon et qu'à bien y réfléchir, il aurait dû l'y laisser au vue de son manque de compassion. Et dire qu'il avait voulu lui payer un verre ! Grégoire tenta de mobiliser le peu de connexion neurologiques qui semblaient encore fonctionner afin de répondre quelque chose d'acerbe au ganymédien. Mais il fut seulement capable de produire un regard bovin doublé air emprunté.

    C'est Tim qui vint à son secours. Leur visite n'était que purement amicale, ce qui fit un naître un léger sourire sur le visage déconfit du français.

    Derrière l'épaule de son ami, Grégoire vit une silhouette connue traverser la rue. Il s'agissait de Jeremiah qui l'avait sûrement repéré. Grégoire écarquilla les yeux : il était découvert ! Trop tard pour se cacher, trop tard pour partir en courant. Il devait juste trouver une bonne raison de se comporter comme un sociopathe errant devant le domicile de ses ex-conquêtes.

    Les mains croisées dans le dos, il accueillit le geek au sein du groupe d'un hochement de tête poli.

    «Ouais, je... On passait dans le coin, et puis, on s'est arrêtés. Mais on va repartir ! On reste pas. »

    Lorsque Jeremiah salua les deux hommes de la tête, Grégoire se rappella qu'il était poli d'introduire les personnes qui ne se connaissaient pas.

    « C'est Jeremiah, un autre membre de Ganymède. Et deux autres membres : Tim et Sergio qu'on a extrait du Japon y'a pas très longtemps. »

    La dernière question posée par le jeune homme lui donna l'impression d'un violent coup de pied aux fesses : « On doit y aller là, on devait y aller... Donc, bah, bonne journée Jerem', à bientôt sûrement » dit-il en tirant Tim d'une main et en tendant l'autre vers Jeremiah afin de le saluer, oubliant dans la confusion son aversion pour les contacts rapprochés avec le geek. La situation aurait pu sembler ridicule à n'importe qui ne voyant pas la peur dans les yeux du français au moment où il faisait tout pour quitter ces lieux.
    C'était au coin de sa rue, en face de l'arbre, efflanqué de deux bancs et de quelques bosquets de fleur, qui portait le nom de parc. Il avait glissé la main dans sa poche, à la recherche de son trousseau de clés, comme chaque fois qu'il tournait le coin, entre la station de métro et l'appartement.

    Les pièces de monnaie glissaient entre ses doigts, puis il mis la main sur quelque chose. Non, c'était une simple barrette de mémoire. Il fronça les sourcils, le rituel ne fonctionnait pas comme prévu, et si ca continuait il n'aurait pas la clé prête en arrivant devant la serrure.

    Michael soupira, s'arrêta devant le 15, posa son petit panier de fraises à ses pieds et entreprit de vider le contenu de sa poche dans sa deuxième main. Scruter les abysses de son pantalon au peigne fin. Inspecter les moindres recoins de ce textile ennuyant. Il n'avait tout de même pas encore oublié ses clés? Voilà qui ne ferait que multiplier les moqueries de son geek de colocataire. En contrepartie des moqueries, l'avantage était que Jeremiah était toujours à la maison. Surtout en pleine journée ensoleillée.

    Bon, l'Américain lui demanderait certainement encore pourquoi il n'utilisait pas son pouvoir pour entrer chez lui. La question était légitime. Ne venait-il pas d'entrer par infraction chez quelqu'un, moins d'une heure auparavant? Sauf que c'était différent. Ici, dans leur quartier, il risquait de se faire voir par des gens qu'il croisait quotidiennement, un peu comme à son travail. Alors que dans le Upper Mannhattan, les risques de se faire reconnaître étaient beaucoup moins élevés. Et il n'avait pas agit illégalement pour de mauvaises raisons.

    Sans remarquer d'aucune manière les autres individus présents dans la rue, l'Autrichien fixa sa main une dernière seconde et soupira en remettant les contenu de sa recherche infructueuse dans sa poche. Pour la peine, il reprit une fraise dans son panier.
    "Michaël ?", demanda Sergio à qui aurait l'amabilité de répondre -ce fut Tim-

    "C'est... euh... une de leurs connaissances.", expliqua-t-il diplomatiquement en évitant soigneusement les mots qui fâchent.

    "On arrive de France là, en fait. Donc non, il n'est pas avec nous, comme tu t'en doutes bien.", précisa-t-il, même si ce n'était probablement pas la réponse que Jeremiah attendait.

    "Oh, et on carbure au thé, au chocolat, et au sexe.", ajouta Sergio, provoquant une légère rougeur aux joues de Tim.

    Le départ précipité de Grégoire provoqua un regard narquois de Sergio, ainsi qu'une rapide inspection des alentours par Tim qui tilta rapidement, et ajouta.

    "Je te suis Grégoire, je te suis... Au plaisir Jeremiah."
    Le geek cligna des yeux aux réponses des deux inconnus. De un, ça n'était pas vraiment ce qu'il demandait. De deux, le trio gagnant lui semblait carrément lacunaire. Il ne crachait pas sur les propositions de Sergio mais était plutôt du genre "café, pizza, jeux vidéos". Chacun ses priorités.

    "Et ben il ferait ptet mieux d'arrêter. Observa-t-il d'un ton moqueur. Ça le met dans un drôle d'état."

    En tout cas, il ne se savait pas être un si bon répulsif à Grégoire, il faudrait qu'il s'en rappelle, ça pouvait toujours servir. Les mains enfoncées dans les poches, il fit à peine l'effort d'en sortir une pour vaguement serrer celle de l'ivrogne qui s'enfuyait.

    "Heu. Ouais. Au plaisir."

    La scène était absurde, sur ce point, il était parfaitement d'accord. Et on ne s'enfonça que plus dans le n'importe quoi quand tournant la tête, Jeremiah aperçut son colocataire de l'autre côté de la rue.

    "C'est lui, Michael. Ajouta-t-il à l'attention de Sergio. Il était parti chez Grégoire. Pendant que lui zonait ici. Ils sont vraiment pas optimisés."

    Un instant, le jeune homme observa le manège de l'autrichien, les sourcils froncés. Apparemment, il ne les avait pas vu, mais sa façon d'agir lui paraissait... un peu bizarre. Finalement, sa grimace en coin se fit narquoise et il croisa les bras :

    "Deux contre un qu'il a oublié ses clés et qu'il ose pas utiliser son pouvoir. Mais quel noob."
    N'écoutant pas la réponse que le geek pouvait bien lui adresser à cet instant, Grégoire mettait toute son énergie à tirer Tim au plus loin de cet endroit. Qu'est-ce qui pouvait bien lui être passé par la tête pour venir jusqu'ici et risquer de se retrouver dans une situation telle que celle-là ? Avec l'arrivée de l'autrichien de l'autre côté de la rue, la situation semblait être sur le point de prendre un tournant inattendu: tout ce que Grégoire pouvait craindre le plus, somme toute.

    Il avait déjà tourné les talons et réfléchissait à l'endroit où il emmènerait bientôt les deux jeunes gens quand il entendit le geek baragouiner dans son dos. Michael était là. La situation frisait encore davantage le ridicule.

    "On fera peut-être les présentation plus tard. Comme on est attendus, on verra ça pour une prochaine fois, non ?" demanda t-il en cherchant chez Tim un peu de soutien, avant de reporter son regard sur l'américain à qui il aurait bien aimé faire ravaler sa dernière remarque.

    *Jeremiah doit se délecter intérieurement de tout ça, pensa le français. Lui qui a tant oeuvré dans l'ombre pour que notre histoire soit brisée dans l'oeuf.* Dans l'esprit du français, cela devait être une petite victoire de voir que l'ironie de leur relation allait enfin exploser devant ses yeux.

    Grégoire avala sa salive, en espérant encore pouvoir partir avant que l'autrichien ne remarque leur présence.

    Tout à ses chimères, Michael avançait d'un pas convaincu vers la porte du numéro 28, prenant de temps en temps une bouchée dans sa fraise. Sa veste rouge et blanche était ouverte sur vieux un t-shirt à l'effigie de Hammerstrike. La capuche rouge battait le rythme de ses pas, et il ne portait toujours pas attention aux alentours, fixant le sol à quelques mètres devant lui. Il ne leva les yeux qu'en passant sous la fenêtre de Jeremiah, comme s'il espérait que les rideaux ne soient pas tirés et qu'il pourrait y voir à l'intérieur.

    Jetant finalement la queue de sa fraise dans le parterre voisin, l'Autrichien monta les escaliers à la volée. Il cogna trois coups secs à la porte, attendit un peu, reprit une fraise et s'impatienta, se balançant d'un pied à l'autre. Il cogna de nouveau, plus rapidement, et presque sans attendre, appuya sur la sonette. Tout en mâchant le petit fruit, il tendait l'oreille, à l'affut de bruits de pas qui indiqueraient la présence de Jeremiah. Ou d'un silence qui indiquerait son absence. Pourtant, Michael était certain que la réserve de chips était pleine la veille...
    Il y a des jours dans la vie où on aimerait avoir le pouvoir de disparaître, ou de se téléporter, ou de se faire oublier, ou de matérialiser un trou de souris géant pour s'y planquer. Mais en l'occurrence, pour Tim, c'était faire des vagues de chaleur, et ça ne servait à rien.

    Clairement, le pauvre Grégoire cherchait à fuir Michaël. Pourtant, ils avaient l'air de bien s'entendre... Mais au final, il y avait peut être eu un peu d'eau dans le gaz, depuis la dernière fois.

    Sergio s'approcha de Jeremiah

    "Ah, c'est lui ? Bah il n'a pas l'air si terrible... Donc en gros, l'un va chez l'autre pendant que l'autre va chez l'un, et quand finalement ils arrivent à être à peu près au même endroit au même moment, le premier se taille. C'est un peu compliqué tout ça..."

    Mais de toutes façons, Michaël n'avait pas l'air de vouloir faire commerce avec quiconque d'autre que sa porte, et s'était engouffré dans un immeuble, désertant la rue, et éloignant du même fait la menace d'une rencontre plus ou moins complexe à traiter diplomatiquement.

    "Je t'invite à boire un verre ? Tu m'as l'air d'avoir besoin d'un petit remontant...", proposa Tim comme pour offrir une quelconque échappatoire, provoquant la consternation de Sergio qui leva les yeux au ciel, et commenta, à l'intention de Jeremiah "Tentative de drague : Epic fail.", alors même que Tim concluait comme pour s'en convaincre : "...Après tout, c'est pour ça que nous sommes venus !"
    Jeremiah observait toujours son colocataire qui se désespérait de l'autre côté de la rue sans leur prêter la moindre attention. Non, ça c'est sûr, Michael n'avait rien de terrible. D'ailleurs, la seule personne à laquelle il fasse peur était un mec qu'on pouvait difficilement qualifier d'autre chose que pitoyable à l'heure actuelle, c'était bien la preuve. Ignorant que le pitoyable en question aurait sans doute adoré lui mettre un coup de boule pour le faire enfin taire, l'américain haussa les épaules à l'attention de Sergio:

    "Oui et non, t'as plutôt bien résumé la situation. Jamais sur la même longueur d'onde."

    Machinalement, le jeune homme avait commencé à jouer avec la seule chose qu'il avait dans la poche, c'est à dire ses clés. Les faisant tournoyer un instant dans sa main, il finit par leur jeter un coup d’œil, puis regarda à nouveau Michael. Et lui transmit la vision des clés jouant entre ses doigts. Juste pour rigoler un peu et voir s'il allait se mettre en boule. Sergio attira alors son attention sur les deux autres derrière et le geek coupa le contact, se retournant vers le duo Tim/Grégoire. Cachant à peine son sourire moqueur à la remarque de son comparse commentateur de relations désastreuses, il ajouta d'un ton détaché :

    "Il doit pas avoir le level... Pourtant c'était une bonne strat' d'emmener picoler un mec déjà ivre !"
    Jeremiah n'avait pas tout perdu à oser sortir de sa tanière : il s'était trouvé un compagnon aussi cynique que lui pour commenter le malheur des autres. Grégoire détourna ses yeux du geek pour fixer Sergio. De quel droit se permettait-il de plaisanter de la situation ? Il aurait dû le laisser crever dans sa prison. Au Japon. Ca lui aurait fait les pieds.

    Jetant un coup d'oeil à l'autrichien par dessus l'épaule de son colocataire, il put se constater que l'étau se resserrait autour de lui. Michael avait décidé de ne pas rentrer chez lui pour une raison qui échappait complètement à l'aérokinésiste sur l'instant mais qui ne manquait de lui donner l'impression que le sort était ligué contre lui.

    Tim, fidèle à lui-même, lui porta secours afin de l'extirper de ce difficile moment. Grégoire se retourna en soutenant le regarde à Sergio et lui signifier qu'il valait mieux faire attention à ses propos au risque de se recevoir rapidement une main à travers la figure. Tim dévoila enfin le but de sa visite : payer un verre au français. Il n'y avait pas à réfléchir plus longtemps : il fallait soigner la gueule de bois actuelle par une nouvelle et cette fois, bien plus sévère.

    Grégoire amorça quelques pas et se dégagea donc du groupe de jeunes hommes qui s'était formé sur le trottoir. A peine les avait-il quittés que les derniers mots de l'américain lui parvinrent aux oreilles.

    « Ivre ? Mais je suis pas ivre, bordel ! », se mit à crier le français.

    Tel un diable, les yeux bordés de larmes, Grégoire se retourna d'un mouvement sec et se jeta violemment sur Jeremiah, allant jusqu'à le renverser au sol
    .
    Michael commençait à s'impatienter et à songer sérieusement à utiliser la méthode mutante pour rentrer au bercail. En plein jour, dans son cartier, alors que moins de deux semaines plus tôt, il avait été attaqué à deux pas de chez lui. C'était risqué...

    Il était sur le point de sonner une dernière fois, au cas où Miah n'ait simplement pas encore terminé sa sieste diurne, lorsqu'il lui arriva une chose étrange. Sa vue s'emmêla pour lui montrer l'image d'une main familière -autant qu'une main puisse l'être, entendons-nous- qui tenait un trousseau de clé. Spontanément, il mit les mains devant lui pour se retenir de tomber, et presque aussitôt la vision disparue. Manifestement, c'était Jeremiah qui se moquait de lui. Et à en juger par les quelques éléments du décor qu'il avait retenus, Michael en conclut que Jeremiah était également à l'extérieur. Il croyait même avoir vu une autre paire de jambes. Ne restait plus qu'à redescendre et poliment lui demander son trousseau de clé.

    Un éclat de voix. Était-ce encore un des voisins du 13 qui était saoul en plein jour? Un et un firent deux dans l'esprit de l'Autrichien, qui conclut que Jeremiah avait un peu trop joué au malin avec les voisins et que sa vision n'était pas une moquerie, mais un appel à l'aide. Drôle d'alerte à vrai dire.

    Michael se retourna et dévala la volée de marches juste à temps pour voir que le geek n'était en fait pas avec un, mais bien trois des voisins. Et que l'un d'eux s'était rué sur lui. Et qu'en fait, l'un des deux autres lui disait vaguement quelque chose. Et qu'en fait... qu'est-ce que Grégoire faisait là?

    -Hey!

    Michael courrait vers le petit groupe, étonné, et vaguement furieux, de voir ses deux plus proches comparses en venir aux poings.
    Sergio se gratta derrière la tête, oscillant entre agacement et consternation devant le ciné que jouait Tim pour ne pas trop contrarier Grégoire. Il s'apprétait à dire quelque chose à Grégoire qui le regardait de travers lorsque celui-ci se jeta pour passer ses nerfs sur Jeremiah.

    Sergio se précipita sur Grégoire pour le relever avec autant de tact que possible.
    "Oh là, oh là, doucement playboy, doucement.", disait-il en signe d'apaisement, rapidement relayé par Tim qui aidait Sergio à les séparer.

    "Du calme Grégoire, ça ne sert à rien."

    Puis, alors que Michaël arrivait comme un chien dans un jeu de quilles, tout ce que le français trouva à ajouter fut un simple :

    "Salut Michaël.", trouvant écho dans un petit signe de la main de Sergio qui ajoutait une petite touche grotesque à la maladresse de la situation.
    Comme quoi, la stratégie "je t'aboie dessus en premier pour ne pas me faire mordre" était un peu dépassée. Avant qu'il ait eu le temps de dire ouf ou de comprendre ce qui lui arrivait, Jeremiah se retrouva par terre, poussé par Grégoire qui lui était tombé dessus. Un instant pris de court, le geek tenta de vivement repousser le français mais ce fut l'aide de Sergio qui lui permit de complétement se dégager pour sauter sur ses pieds et se reculer, l’œil noir et le cœur battant. A toutes jambes, Michael les rejoignait mais l'américain ne le regarda pas. Il s'était figé dans une attitude tendue et hérissée d'animal sauvage prêt à mordre le prochain qui s'approcherait d'un peu trop près, dans un silence mauvais qui valait bien toutes les insultes du monde. .
    Grégoire, à terre contre Jeremiah, n'eut le temps que de saisir l'américain par le col pour lui hurler dessus avant que Sergio allié à Tim ne se saisisse de lui pour le relever. Il se dégagea de leur étreinte, et en voyant que Michael était arrivé sur ces entrefaites, baissa la tête afin de ne pas croiser son regarder et concentrer son attention sur le dépoussiérage de ses vêtements.

    Tout le monde semblait se regarder comme des chiens de faïence. Qu'attendaient-ils de lui ? Qu'il s'excuse pour son attitude ? C'était le geek qui ne semblait que le narguer depuis des mois. Après tout, il n'avait eu que ce qu'ils méritait et encore, il pouvait s'estimer heureux que les ganymédiens lui ai sauvé la mise.

    Michael était arrivé et allait sûrement prendre la défense de son colocataire. Il n'y avait donc plus aucun intérêt à rester ici. Autant aller passer ses nerfs sur une bonne bouteille. L'air fermé et les sourcils froncés, Grégoire regarda Tim puis tourna les talons et prit le parti de s'en aller sans daigner s'expliquer, espérant que son ami français le suivrait: "On y va ?".
    Michael était arrivé au groupuscule comme les plus anciens membres de Ganymède séparaient les recrues. À croire qu'il s'agissait de deux jeunes boucs pleins de testostérone et qui convoitaient le même territoire, le même troupeau. Ébranlé par la surprise, et peut-être aussi un peu parce qu'il craignait qu'il y ait des blessures importantes, à l'égo ou au corps, Michael balaya les 4 mutants du regard.

    -Sa... salut...

    Tim, c'était Tim! Le copain français de Grégoire. Avec qui le premier abord avait été... difficile. De toute manière, c'était du passé. Tout comme la présence de l'aérokinésiste, devant chez lui, le serait bientôt, s'il ne le retenait pas. Froncements de sourcils, clignements des yeux, légère grimace de confusion. Ils partaient, comme ça?

    -Mais attendez! Où allez-vous? Que s'est-il passé?

    Pourquoi y avait-il eu utilisation de violence? D'un air désemparé, Michael baissa les épaules en lançant un regard découragé à Sergio, qui semblait être un espèce de phare au milieu de la tempête. Il se rendit compte qu'il ne s'était pas présenté.

    -Moi c'est Michael. J'habite en face. Je suis le colocataire de Jeremiah et euh...

    Il se pencha pour ramasser le trousseau que Jeremiah avait fait tomber lors de l'assaut de Grégoire. Il décida de ne pas s'en mêler : ça n'était de ses affaires et les deux mutants étaient assez vieux pour régler leur conflit par eux-mêmes.

    -J'avais oublié mes clés... Et euh... je vais rentrer je crois.
    De façon prévisible, Tim suivit Grégoire, sans doute par une quelconque solidarité mécanique, prenant néanmoins le soin de légèrement le retenir, histoire d'avoir le temps de glisser un maladroit :

    "Bon ben c'était cool de se revoir tout le monde, il faudra qu'on se refasse une bouffe bientôt... À la prochaine !"

    Sergio répondit à Michaël

    "Ben moi c'est Sergio, j'habite... euh... ça dépend, et je suis une bombe sexuelle. À part ça, le patron, il parlait manifestement de Tim "...et moi étions venus en Europe histoire de retrouver les vieux amis, et pour discuter de choses et d'autres..."

    Il jeta un coup d'oeil vers Grégoire et Tim qui s'éloignaient, puis vers Jeremiah et Michaël, puis poussa un gros soupir d'exaspération, avant de compléter.

    "Je vais rejoindre le patron. C'est un godillot fini si je ne suis pas là.", commenta-t-il d'un air entendu avant de tourner les talons.
    Les blagues de Sergio pour détendre l'atmosphère n'y changèrent rien : le geek avait les yeux fixés sur Grégoire qui s'éloignait, et ce n'était pas pour matter ses fesses. Ils n'avaient jamais été très amis, c'est le moins qu'on puisse dire, mais rancunier comme l'était Jeremiah, les choses venaient de basculer brusquement de "type vaguement chiant" à "grand malade imbuvable".

    "Ouais, il a l'air. Salut". Finit-il quand même par répondre à "la bombe sexuelle" qui s'éloignait derrière les deux autres. Redevenant silencieux, le jeune homme chercha à récupérer une contenance en remettant en place son tee-shirt. Enfin, celui qu'il avait "emprunté" à son coloc'. Il avait beau avoir la langue acide, il réussissait en général à éviter les confrontations physiques et s'être retrouvé en position de faiblesse l'avait un peu perturbé. Le geek jeta un coup d’œil à Michael et avisa les clés dans sa main :

    "Elles s'appellent reviens. J'y vais, j'dois aller à la fondation."

    Et suivant l'exemple des trois ganymédiens quoique dans la direction opposée, le jeune homme planta là son colocataire et s'éloigna, le visage fermé.
    Grégoire ne répondit pas aux multiples questions que posa l'autrichien à son arrivée. Il tournait déjà le dos à cette situation qu'il n'avait pas vu venir et qui semblait aller à l'encontre de tout ce qu'il avait pu s'imaginer.

    Tim et Sergio conclurent poliment grâce à quelques formules d'usage et marchèrent à la hauteur de l'aérokinésiste, qui les attendait. Selon leurs mots, ils étaient venus avec quelques sujets de discussions. Grégoire espérait qu'il pourrait trouver, parmi ces sujets, de quoi s'occuper ou du moins de quoi un peu moins cogiter car visiblement, cela ne lui avait pas réussi jusqu'alors. Peut-être même qu'il leur proposera de rentrer avec eux en France et de demande à Markus une sorte de mutation.

    Une fois ses comparses arrivés à sa hauteur, Grégoire se remit en mouvement. Il tourna la tête une dernière fois, et croisa le regard de Michael. Il ne pouvait s'empêcher d'espérer que le germanophone ne garde contre lui aucune rancoeur et qu'il sache au fond de lui que jamais le français n'avait cherché à faire une telle scène sous ses fenêtres. Sourire forcé ou rictus crispé, le visage du français se modela en un au revoir bien singulier à son Ami, avant de se retourner et de quitter définitivement le 27 Grove Street, sans un regard vers Jeremiah.

    "Bon, allez, dites-moi pourquoi vous êtes là. Vous vous ennuyez en France alors vous venez manger dans notre assiette ? demanda Grégoire. Vous vous êtes trompés: c'est chez Gany Washington que ça bouge. Pas ici...
    "
    Après l'explosion de Grégoire, ce fut au tour du noyau mutant d'exploser, chacun partant dans sa direction. Michael n'avait pas porté attention aux menaces de celui qui fouillait toujours parmi ses vêtements, et se retourna trop rapidement pour croiser le regard de celui qu'il aurait voulu rassurer. Le voulait-il seulement encore? Il n'avait aucune idée de ce qu'il s'était passé, ne voulait pas réellement le savoir non plus, mais la réaction de ses deux amis l'avait irrité.

    Il rentra, posa les clés de Jeremiah sur la table de la cuisine et alla prendre une douche froide et rapide, histoire de se remettre les idées en place. Cinq minutes plus tard, il enfilait un marcel et une paire de pantalons de survêtement en soupirant. Il aurait sincèrement préféré être à des kilomètres de là, à atteindre le sommet d'une quelconque chaîne de montagne. Mais à défaut de mieux, il irait faire un petit jogging.

    Ajustant ses écouteurs dans ses oreilles, il sortit en oubliant les clés de Miah sur la table de cuisine et les siennes sur sa commode et, aux premières notes de Fierezza Rosa, il entreprit sa course, en passant par le High Line Elevated Park et la rive Ouest de Manhattan, jusqu'à la 57e rue où il bifurqua pour rejoindre le parc central.

    Arrow Central Park
    La situation se décantait plus ou moins, essentiellement suite au départ des éléments perturbateurs de la psyché précaire de Grégoire. Il semblait tout de même encore assez bougon. Tim le prit alors bras dessus bras dessous, en déclarant :

    "Et pourquoi pas ? Qu'est-ce que ça aurait de choquant qu'on traverse l'Atlantique juste pour revoir les amis ? C'est important d'avoir des gens sur qui compter !"

    Sergio n'avait pas spécialement l'air d'adhérer au discours, mais se contenta de hausser les épaules, avant de demander.

    "Ganymède Washington ? Pourquoi donc ? Wonda a fait une de ses soirées spéciales ?"

    Il eut un petit regard un instant rêveur, associé à ce caractéristique sourire des souvenirs réjouissants, et probablement vaguement honteux aussi d'ailleurs.
    "Bien sûr, j'apprécie le geste mais quelque chose me dit que la visite sympathique n'est pas l'unique motivation de votre venue aux Etats-Unis", dit-il avec un léger sourire avant de tourner la tête vers Sergio pour vaguement lui répondre:

    "On va dire qu'ils indirectement failli tuer quelques membres de notre délégation. Des bonnes femmes complètement barges et sacrément décider à raser tout ce qui se trouvait sur les ruines de l'ancien Institut. Mais bon, on s'en est tiré. Remarque, je serais pas là pour en parler sinon."

    Grégoire continua à marcher quelques instants puis se rappela la proposition de son ami.

    "Au fait, comment va Matt ?"
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Michael Käferböck
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MessageSujet: Re: [7 juillet 2112] Un pied devant l'autre   Jeu 17 Mai - 7:12

[Kalalli]



    Edéas semblait surpris de voir l'Inuit ici. Le garçon lui même n'aurait pas pensé y remettre les pieds avant une période indéterminée. A la question de l'Acadien, Kalalli répondit :

    "J'étais à Ganymède pour voir Markus, Leah et Jeremiah. J'ai vu que le premier. Je voulais les remercier... Et là... Je rentre. J'ai tout
    l'après-midi de libre, mais j'ai pas envie de faire grand chose. "
    avoua-t-il timidement.

    Un certain nombre d'occupations paraissaient bien fades après ce qu'il avait vécu. Et même lorsqu'il portait son intérêt sur une activité, il lui arrivait malgré lui de penser à nouveau à ce qu'il voulait oublier.

    Kala répondit d'un petit signe de tête à la proposition de marcher dans le parc. Il n'était toujours pas rassuré, même en étant avec quelqu'un. Un lourd silence s'installa, ni l'un ni l'autre ne sachant quoi dire. Plus les secondes passaient, plus ce silence était pesant, si bien que finalement, l'illusionniste indiqua à Edéas :

    " Je crois que je vais rentrer... Je me sens pas très bien à Central Park... Désolé... J'espère que tu trouveras des choses sur Alex... "

    Sans trop savoir pourquoi, Kalalli étreignit alors son camarade, ayant besoin d'un soudain contact avec quelqu'un. C'était finalement un peu trop tôt pour retourner ici.
[Edeas]


Kalla, qu'est ce qu'il était allé faire à remercier ce Markus, Edéas était certes reconnaissant envers cet homme de leur avoir permis de sauver Kalla, mais quelque chose au fond de lui, lui disait qu'il n'était peut-être pas pour rien dans la disparition d'Alex, cependant il n'avait aucune preuve et il était tout aussi probable que sous l'effet de la drogue Alex ait pété un câble et soit entré dans une sorte de folie meurtrière. D'ailleurs depuis quelque temps déjà Edéas c'était rendu compte du mental quelque peu dérangé d'Alex. Il ne pouvait donc pas en vouloir à Kalla d'être aller remercier Markus mais surtout les autres les anciens de l'institut qui avaient participé à cette mission.
« Oui tu a eu raison Kalla sans Marcus je ne sais pas si nous t'aurions retrouvé, je devrait également lui en être reconnaissant pour cela »

Cependant malgré tout ses efforts il n'arrivait pas à l'être, pas entièrement. Le silence qui suivit s'appesantit. Edéas ne savait pas quoi dire, et le silence devenait de plus en plus gênant. Peut-être même trop gênant, car Kallali le brisa, prétextant qu'il n'allait pas bien. Edéas le comprenait fort bien mais il ne pouvait pas le laisser là, pas sans rien faire. Et soudain Kallali, l'enserra, sans qu'édéas ne sache que faire. Il resta un moment les bras écartées tel jésus sur sa croix. Puis se rendant compte de la détresse de Kallali il resserra ses bras autours de lui. Il n'avait pas mesuré à quel point cela était difficile pour le petit inuit de revenir ici. Sur un ton rassurant et se voulant reconfortant Edéas rajouta :

« T’inquiète Kalla, ça va aller, je te comprend, je n'ose imaginer comme cela doit-être dur pour toi mais on est à l'institut si tu veux on peut en parler »

Edéas n'avait jamais mesuré a quel point l'inuit était fragile, il se l'était toujours figuré comme quelqu'un de fort, toujours prêt dans l'adversité, mais cela cachait une faiblesse profonde.

" Sa te dit d'aller ailleurs ? Je vais pas de laisser rentrer comme cela, et surtout pas seul. »


Edéas était sincère tenant toujours Kalla dans ses bras, peut-être pourrait-il aller se réconforter ailleurs.


[Michael]


Devant chez lui

Le débardeur détrempé, le souffle de plus en plus raccourci, Michael s'arrêta en plein cœur de Central Park. S'étirant en tournant le torse, il en profita pour avoir une vue d'ensemble des alentours, cherchant un endroit approprié pour s'allonger dans l'herbe sans être dérangé par les badauds. Il espérait regarder les mouvements des nuages et, peut-être, ceux-ci lui rappelleraient-ils son Autriche natale.

Il y avait ça et là des amoureux sur une couverture, des enfants qui jouaient et courraient, des adolescents qui tentaient vainement d'attirer l'attention sur eux, et d'autres qui semblaient se consoler, comme si l'un d'eux venait de vivre une peine d'amour, ou quelque chose dans ce genre.

Décidant d'aller en direction opposée des enfants et des m'as-tu-vus, Michael se mit à zigzaguer à travers les quelques couples parsemés sur le gazon. Quelque peu écœuré par leur batifolage, et vaguement sous un prétexte de respect de leur intimité, il tenta de se tenir plutôt loin d'eux également, se rapprochant d'un espace à l'écart où il aurait enfin la paix.

Il s'assit finalement dans l'herbe, en face du cœur brisé et de son confident, mais alors qu'il allait se laisser basculer vers l'arrière, il eut l'impression de les
connaître. Bien qu'il soit en face d'eux, la façon dont ils étaient placés ne lui permettait pas véritablement de voir leur visage et donc de les reconnaître. À force de se demander de qui il pourrait bien s'agir, il tomba dans la lune en les fixant.


[Kalalli]


    Kalalli profita de l'étreinte de son camarade quelques secondes. Ce dernier devait ne pas être très à l'aise dans ce genre de situation car
    il mit un certain temps à réagir vraiment et à la lui rendre. Finalement, Edéas lui proposait de se confier en essayant de le rassurer. Être à l'Institut ne l'empêchait pas d'avoir été kidnappé, alors ça ne changeait pas grand chose au final.

    Libérant le jeune homme, l'Inuit se recula d'un pas avec un petit sourire timide. Il ne se sentait en sécurité que dans les bras de quelqu'un. La solitude
    était ce dont il avait le plus souffert durant sa captivité et son camarade semblait le comprendre, car il lui proposait de rentrer avec lui ou qu'ils passent un moment quelque part, mais ensembles.

    Kala offrit un regard reconnaissant à son ami en lui souriant.

    " Je veux bien... "

    Puis instinctivement, il guetta de nouveau autour de lui, comme si un danger pouvait surgir à tout instant de n'importe où. Soudainement, son regard accrocha quelqu'un dans l'herbe qui les observait. Il les fixait, même. Etait-ce à cause de leur étreinte et qu'il se faisait des idées ? Ou était-ce quelqu'un de mal intentionné ?

    Le garçon ne parvint pas à décrocher ses yeux de l'individu. D'autant que son visage lui disait quelque chose. Kalalli essayait de recoller les morceaux de ses souvenirs pour retrouver le contexte de leur rencontre. L'Institut ? Il avait un accent... L'Inuit ne se souvenait plus de son nom.

    " On le connait, non ? " demanda l'illusionniste à Edéas, pour avoir confirmation.


    Confirmation qu'il ne se trompait pas, et que ce n'était pas un danger.
[Edeas]


    Edéas tacha de cacher, qu'il était un peu content que son étreinte avec kallali cesse, il n'était pas du genre à faire des débordement d'émotions et encore moins avec un autre garcon. Cependant pour l'occasion Edéas n'était pas mécontent d'avoir montré cette débauche de sentiment, pouvoir
    réconforter un ami, cela n'avait pas de prix. Surtout au regard reconnaissant que kalla lui renvoya. Le jeune acadien avait vu juste son ami ne souhaitait pas rentrer seul à l'institut.

    C'est alors que l'inuit regarda autour de lui. Le pauvre il était bien plus traumatisé par son enlèvement qu'Edéas le pensait. Cela expliquait sa
    nervosité, sa façon de regarder et de veiller tout autour de lui. Edéas imaginait bien que à chaque pas, à chaque endroit il devait se demander si quelqu'un n'était pas là à attendre pour l'enlever, le kidnapper. C'est alors que le regard de kalla s’arrêta sur un jeune homme non loin de lui, qu'est ce qu'il avait ce type à les lorgner de cette façon. Edéas blémit, pensait-il que lui et Kalla était ensemble à le voir le réconforter cela aurait en effet put porter à confusion.

    Kalla rompit alors sa frayeur, suggérant qu'il le connaissait. Edéas détailla un peu plus le jeune homme, son visage lui était familier certes, même
    très familier. Puis Edéas se frappa la main contre la tête. Mais c'était bien sur, Mina lui en avait parlé il y a quelque temps de cela ? Il n'était donc pas étonnant de le retrouver.

    « Oui tu a raison kalla on le connait »

    Puis Edéas entraina à sa suite le jeune inuit en direction du jeune homme les observants et avec un sourire jovial et franc Edéas lança :

    « Salut Micheal, tu te souviens de nous kallali à coté de moi et puis moi c'est Edéas »

    Il laissa le temps au jeune homme d'intégrer qui ils étaient, des anciens compagnons du feu institut Xavier second du nom. Puis lança :

    « Mina m'avait prévenu que tu était dans les parages avec d'anciens de l'institut également ? Ça va qu'est ce que tu fais de beau ici ? »
    Edéas signifiait clairement qu'il savait qu'il appartenait au groupe de ganymède, mais qu'est ce que cela avait à voir aujourd'hui. Ces doutes surement infondé sur Markus, ne devait en aucun cas entaché son appréciation des gens qu'ils connaissaient et de ceux qu'il serait peut-être amené à connaître au sein de cette institution.
[Michael]


    Lorsqu'il vit les deux garçons lever la tête à tour de rôle, Michael s'aperçut simultanément qu'il les connaissait déjà et qu'il les dévisageait sans la moindre politesse. Il voulut baisser le regard, mais ne fut pas assez rapide pour que les adolescents ne l'aperçoivent pas. Il hésita un instant à s'étendre sur le dos, suivant son plan initial, et se dit que ce serait puéril. De toute manière, il vit dans son champ de vision panoramique que les deux compères s'approchaient de lui.

    Oh! Et puis tant pis! Il pouvait bien assumer sa grossièreté. Surtout qu'ils ne semblaient ni méchants ni menaçants. Toutefois, Michael n'arrivait pas à retrouver d'où il les avait déjà vus. Le blondinet s'adressa à lui, avec un certain accent. Le déclic se fit toutefois lorsqu'il présenta Kalalli. Comment Michael avait-il pu oublier l'Inuit? Il hocha la tête en signe de compréhension et Edeas poursuivit en parlant de Mina. Apparemment que la demoiselle ailée
    leur avait parlé du Barbecue, ou alors peut-être de la visite qu'il avait rendu à l'institut avec Jeremiah, il y avait déjà quelque temps.

    N'empêche, de la façon qu'il avait dit sa phrase, Michael avait une étrange impression. Comme si il s'agissait d'une menace, ou alors était-ce simplement une insinuation. Avait-ce rapport à Ganymède? Mina lui avait probablement parlé de ce détail... Après tout, elle n'était pas stupide et avait dû remarquer que plusieurs des mutants présents au Barbecue étaient aussi des représentants de Ganymède lors du sauvetage de Kalalli.

    -Ca va, merci.

    Le germanophone s'installa plus confortablement sur ses coudes avant de répondre à l'inquisition de l'Acadien avec nonchalance.

    -Je suis wenu me changer les idées et profiter du beau temps.

    Il le regarda par-dessus ses lunettes, cherchant à savoir si une autre question était sous-jacente, et y répondit par lui-même.

    -Ce que je fais dans la grosse pomme... Au départ, j'étais seulement supposé passer dire bonjour à Georgia et Alex, puis je woulais partir wers Boston et le Canada revoir Jeremiah, Rachel et quelques autres amis. Le hasard a voulu me donner de bonnes raisons de m'installer ici, et je
    suis resté. Par contre, je ne sais plus trop ce qui me retient de repartir, honnêtement.


    La dernière déclaration lui était sortie de la bouche inconsciemment et il fut surprit de se l'entendre dire. Il cligna des yeux quelques fois pour dissiper son malaise et leur rendit la politesse.

    -Et vous, ca va bien?

    Il avait posé la question en fixant l'Inuit, pour lui faire comprendre qu'il s'agissait d'une question sincère, et non pas seulement d'un retour de politesse. Après tout, il habitait avec Miah, et le geek n'avait pas rechigné à lui raconté leur dernière mission.
[Kalalli]



    Edéas se souvenait bien de la personne. Michael. Ca lui revenait maintenant ! Silencieusement, Kalalli se tenait près de son camarade, plutôt pressé de quitter les lieux en réalité que de discuter. L'Autrichien raconta qu'il n'était initialement prévu pour lui que de saluer Georgia et Alex mais qu'il ne savait finalement pas trop ce qu'il faisait encore là. C'était un peu la même chose pour l'Inuit.

    Visiblement, l'Acadien était au courant de la présence de quelques autres personnes de l'Institut par le biais de Mina. Kala n'était plus très au courant,
    si ce n'était celle qu'il avait vu. Finalement, Michael leur demanda si ça allait. D'ailleurs, la question avait été posée comme si elle paraissait lui être davantage adressée qu'à Edéas. Une longue seconde, peut être deux passèrent avant que Kalalli, les mains dans les poches, hausse doucement les épaules en répondant :

    "Ca va... " de façon peu convaincante autant par le ton que par le délais de réponse qui coupait toute spontanéité.

    Il lui était difficile de cacher son malaise. Et ça le serait encore tant qu'ils resteraient à Central Park.

[Edeas]

Le regard que Michael lui adressa, fit remarquer au jeune acadien, qu'il avait peut-être été plus expressif qu'il ne le pensait dans ses paroles, le rendant presque confus d'avoir été si vulgaire. Il était à cran et on le serait pour moins que cela lorsque deux de vos camarades se faisait enlever et que seul l'un d'entre eux était retrouvé profondément choqué.

Qu'est ce qu'il voulait suggérer, ce qui l'empêche de partir ? L'ambiance n'était pas au beau fixe à ganymède? Edéas se contenta de répondre, toute trace d'inquisition ayant disparut de sa voix.

« Remarque c'est une belle ville, riche en lieu à visiter, je pense que c'est ptète cela qui te retiens, la ville est magnifique»

Edéas regarda Kala lorsque Michael leur demanda s'il allait bien, sans s'en rendre compte il se rapprocha de l'inuit, comme pour le rassurer par sa
présence.

« dire que ça vas bien serait mentir, mais bon avec ce beau soleil, on va dire que ça vos tout les remontants n'est ce pas kala»

Edéas attendit alors la réaction de Kala, ça réponse tarda à venir et ce fut un bref mots qui sortit de sa bouche, signifiant clairement à Edéas
qu'il ne fallait pas rester trop longtemps ici.

Sans crier garde Edéas mais sans trop de brusquerie Edéas attrapa Kalla par l'épaule et interpella de la voix Michael :

« Tu à dis que tu souhaitais voir d'ancien de l'institut, sa te dit de venir prendre un verre chez nous, par ce beau temps on devrait bien se trouver un petit coin à l'ombre dans l'institut »

Puis il emmena kala de ce maudit parc, il n'était pas question que le jeune inuit reste ici 1 minute de plus à souffrir.
Arrow Direction jardin de l'institut
[Michael]


    La réponse d'Edeas à la déclaration choc -et surprise- de Michael eut pour effet de lui tirer un sourire en coin.

    -Tu as sans doute raison. La ville est magnifique. Et elle a aussi une personnalité exceptionnelle. Il faudrait être fou pour ne pas le voir.

    À la réponse de l'Inuit, Michael n'ajouta rien, ne sourit pas, ne fit aucun mouvement superflu. Il hocha simplement de la tête d'un air grave. Étirer son bras en geste de réconfort aurait probablement mal été perçu par le garçon. Il n'y avait rien à dire qui ne fut vide de sens, voir ridicule. Ils se connaissaient à peine. Et depuis si longtemps pourtant... Enfin, l'adolescent n'avait certainement pas besoin d'un sourire hésitant entre compassion et malaise. Et puis, il y avait déjà un ami, Edeas, qui pourrait lui apporter plus de soutien que tous les Autrichiens de ce monde.

    Comprenant que Kalalli avait des fourmis dans les jambes et désirait plus qu'autre chose quitter le parc, Michael délaça ses bras d'autour de ses genoux et se prépara à se laisser tomber par terre, sur le dos. Ce fut le moment où l'Acadien décida de l'inviter à venir prendre un verre à l'institut. À moitié
    lancé dans son mouvement, le germanophone voulut l'avorter mais il s'aperçut bien vite que c'était inutile. Il tomba sèchement sur le dos avec une petite crampe dans le ventre.

    -Awec plaisir!, dit-il en se redressant.

    -Je prendrais bien une ... limonade.
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[7 juillet 2112] Un pied devant l'autre
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